« Les belles chansons sont comme les belles âmes ou les belles villes : elles savent vieillir en toute liberté, prendre de l’age sans que la fatigue ne vienne les ternir de son empreinte.Le répertoire de Gianmaria Testa s’est épanoui ainsi à distance de tout ce qui peut épuiser et dessécher la musique. Comme chez Léonard Cohen, Atahualpa Yupanqui ou Tom Jobim, cette écriture sans véritable ancrage temporel surclasse et disqualifie naturellement l’immense majorité de ses contemporains trop occupés à s’accaparer une position, un titre, une légitimité, un stand bien en vue au grand bazar de la modernité. On reconnaît la grâce à la qualité du vide qu’elle génère autour d’elle. C’est pourquoi les chansons de Testa nous paraissent parfois d’une ardente férocité alors même qu’elles ignorent tout du vocabulaire de la cruauté. Ce qu’elles nous murmurent à l’oreille possède le souffle brûlant d’une ancienne vérité que rien ne saurait démentir. Elles nous disent notamment ceci : une musique n’est jamais aussi fraîche que lorsqu’elle est le théâtre d’une solitude en train de se réinventer. La valse d’un jour est précisément un disque ou un homme et ses chansons se donnent la chance d’être eux-mêmes différemment. » Richard Robert
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