Stanley Newcomb Kenton est né le15 décembre 1911 à Wichita (Kansas) et a grandi en Californie. Il apprend le piano et la composition avec sa mère et « Fatha » Hines. En 1933, il joue dans l’orchestre d’Everett Hoagland puis de son successeur Russ Plummer. Il va ensuite travailler pour les orchestres de la NBC, Gus Arnheim et Vido Musso et se décide à fonder son propre orchestre en 1941. Après une tournée triomphale sauf à New York où il essuiera un bide, Kenton est engagé par Bob Hope pour son émission radiophonique. De formations en formations, il va continuer de tenter différentes expériences orchestrales jusqu’à cet ensemble de 43 musiciens baptisé « Innovation in modern music » qui n’existera que deux ans. Il continuera par la suite à conduire des orchestres à structures plus classiques, s’investira beaucoup dans l’enseignement musical, et va même fonder son propre label en 1970. Il meurt à Hollywood le 25 août 1979. La caractéristique commune à tous les orchestres de Kenton est leur exceptionnelle technicité et un perfectionnisme rare, souvent même au dépens du swing. La qualité principale de ce type d’orchestration fut considérée par beaucoup comme un défaut rédhibitoire. C’est qu’en même temps, Kenton laissait une immense liberté d’écriture et d’exécution à ses musiciens et arrangeurs, s’éloignant ainsi des standards pour flirter avec l’avant-garde, le classique (Wagner), ou les rythmes afro-cubains. Cette œuvre multiforme vaut surtout par son ouverture d’esprit et ses instrumentistes exceptionnels, comme Shorty Rogers, Maynard Fergusson, Lee Konitz, Zoot Sims, Gerry Mulligan, Art Pepper, Bud Shank, Shelly Manne, Richie Kamuca ou Jack Sheldon, toujours utilisés par lui pour élaborer des cocktails orchestraux originaux et paradoxaux.
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