1968 : Le Vietcong lance l’offensive du Têt, les mini jupes font leur apparition à Tokyo et les Beatles découvrent la méditation transcendantale. Pendant ce temps-là, à Brest, deux adolescents de quinze ans, Pol et Hervé Quefféléant, décident de se consacrer à la musique. Ils aiment le folk, celui qui, avec Pete Seeger, Bob Dylan, Joan Baez, accompagne les marches pour les droits civiques. Mais Pete Seeger les encourage à découvrir leur propre patrimoine, non à copier ce qui se fait aux USA. Le conseil est bon. Pol et Hervé se nourrissent alors de la tradition musicale des pays celtiques et surtout de la tradition bretonne. Dès 1970, ils créent leur groupe et, pour marquer leur enracinement, choisissent le symbole du triskell qui représente l’eau, la terre, le feu dans la tradition celte. Le groupe Triskell a maintenant plus de trente ans ; il a traversé ces années, insensible aux modes, au superficiel, à l’éphémère, tout en étant présent au monde, attentif à ce qu’il dit. Artistes qui durent sans immobilisme, ils construisent leur cathédrale sonore sur de solides fondations. Chaque année, des tournées européennes leur font rencontrer à la fois un public fervent et d’autres traditions culturelles ; quinze disques, de nombreuses créations, des musiques de films et de ballet, des compositions de génériques et des illustrations musicales de séries radiophoniques, des spectacles, de multiples collaborations avec des artistes bretons et européens, enrichissent une œuvre en permanente créativité couronnée par des prix internationaux dont celui de l’Académie Charles Cros. Cette œuvre que le temps permet de mettre en perspective révèle un style inimitable fait d’élégance sobre, de subtilité en demi-teintes. Anne-Marie Kervern
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